Uncategorized

Je me suis fait mon Stromae !

Stromae annonce qu’il va prendre une longue pause… La nouvelle circule dans les médias depuis le début du mois de septembre. C’est vraiment dommage. Je ne peux m’empêcher de me réjouir d’avoir rejoint le club de ceux qui ont eu le plaisir de voir sur scène ce boute-en-train avant sa retraite ! Du coup, j’arrête de me plaindre de mes heures d’attente dans le froid de New York. Mais non, j’exagère. Moi, je n’ai attendu que 4 heures et il ne faisait que 17 degrés Celsius… Retour sur une aventure unique dans l’univers du Jacques Brel de l’électro.

Un public avec une passion commune
4 h 10. Je viens enfin de repérer le Terminal 5 après un lago dans les rues à sens unique du bas Manhattan. Aucune affiche annonçant le concert n’est visible. Terminal 5, club qui accueille ce samedi 20 septembre le chanteur belge, n’a pas non plus une devanture des plus remarquables. Il n’y a pas de doute possible, ce sera une petite soirée pour les connaisseurs. Je me dis même que les Américains étant anglophones, la salle sera sans doute quasiment vide. Ils sont d’ailleurs moins d’une trentaine à faire la queue. Peu nombreux, mais tout aussi passionnés que ceux qui font la queue pour le dernier iPhone. Je me trompe sur au moins un point. Bien vite, au fil des minutes, c’est un public métissé qui grossit la file d’attente à l’entrée du Terminal 5 dès 5 h pm ! Ils ne comprennent pas tous le français, mais ils sont là, enthousiastes, confiants d’être au bon endroit.

Le concert est prévu pour 8 heures pm. Les premiers arrivés seront les premiers à pénétrer le club et pourront ainsi se retrouver le plus près possible de l’artiste mondialement connu. Je me décide donc à ne pas me plaindre. Quatre heures de queue, c’est long, mais ne prenons pas de risque et surtout assurons-nous une bonne vue du spectacle. C’est quand même Stromae !
Aucun signe d’impatience n’est visible. Couples, amis et familles, des groupes se forment. Assis à même le sol, certains en profitent pour discuter, lier connaissance, manger et faire des selfies sans arrêt.
Elisabeth parle juste un peu de français ; elle n’en est pas moins une grande fan du chanteur belge. « Je l’ai découvert quatre ans plus tôt pendant que j’étais à Montréal. Son single “Alors on danse” venait de sortir. Je n’y comprenais pas grand-chose, mais je ne pouvais pas arrêter de… danser. J’ai assisté à son concert à Philadelphie et me voilà ici pour un autre spectacle ! », explique-t-elle toutes dents dehors.
Un peu plus loin, une femme d’âge mûr accompagne ses filles venues assister au concert. « J’écoute Stromae aussi et j’aime beaucoup sa musique », précise-t-elle.
Un jeune homme de 18 ans porte fièrement une chemise Mosaert, marque de vêtements du chanteur Stromae créée avec sa compagne, la styliste Coralie Barbier. Il a découvert l’interprète de « House’llelujah » en prenant des cours de français, et finalement il va voir une prestation live de l’artiste qu’il aime. « C’est mon week-end d’anniversaire et je vais assister à mon premier concert de Stromae », lance-t-il d’un ton enjoué.
« J’ai commencé à l’écouter cette année et c’est la première fois que je vais le voir sur scène », nous confie une autre fan qui avoue aussi ne pas parler français.

5 heures d’attente pour 90 minutes de show !
Le timing est exact. À 7 h, on est introduit dans l’enceinte du Terminal 5. Mais là encore, notre patience sera mise à l’épreuve. Trois étages plus haut, une autre ligne se forme. Oui, le show commence à 8 h pm comme annoncé, mais avec un dj, Dj Wonder. Stromae, le chouchou des Français, dont de nombreux fans ne savent toujours pas prononcer le nom, se produira à 9 h 30. Et c’est partie pour deux heures et demie d’attente supplémentaires ! Attente tantôt apaisée tantôt accentuée par le dj bien conscient qu’il n’est qu’un apéritif.

Plus qu’un simple concert… Un véritable show
Bien que simple, l’entrée de l’auteur-compositeur-interprète belge en bermuda, cardigan et nœud papillon n’est pas moins égale à sa réputation. « Danse ! t’inquiète pas, tu vas danser ! » Les paroles de « Ta fête » sont chantées à tue-tête par le public que j’avais cru, à tort, purement anglophone. Oui, on n’en doute pas une seconde, Stromae va nous faire danser !

29 ans, taille de mannequin, plus de 1,90 mètre pour 70 kilos, avec les muscles en moins, ce métis aux yeux verts a conquis le cœur des quelques trois mille personnes qui avaient fait le déplacement ce samedi-là, y compris le mien. Dégingandé mais avec une énergie étonnante, le chanteur longiligne arpente la scène dans tous les sens. Il saute, danse et piaffe. Le tout agrémenté de ses mimiques et acrobaties dont lui seul possède le secret. Une scène sobre, quatre musiciens placés de part et d’autre de deux symboles de racine carrée, il n’en faut pas plus au maestro pour partir à la conquête du monde.

Tour à tour chanteur et acteur, celui qu’on surnomme « le petit prince de Bruxelles » se maquille et revêt sa veste à motifs et ses souliers vernis pour interpréter « Tous les mêmes » ; sort sa bouteille de rhum pour reprendre « Ave Césaria » ; et prend l’allure d’un ivrogne pour les besoins de « Formidable ». Pour ce qui est de « Papaoutai », Stromae recrée un peu le décor de la vidéo. Vêtu du même costume à motifs de papier peint qu’il porte dans le clip de ce tube issu de son dernier album, il se transforme en poupée de cire quand il ne se recroqueville pas sur lui même pour exécuter des figures qui feraient pâlir bien des athlètes.

En l’espace de 90 minutes, Paul Van Haver, qui se fait appeler tout simplement Stromae (Maestro en verlan), fait le tour de son répertoire. On ne tente pas de résister à son parfait mélange de textes mélancoliques et de notes ô combien entraînantes… Mine de rien, sur un air électro, il explore les sujets les plus difficiles à aborder. Il nous fait danser les effets désastreux du cancer dans « Quand c’est » :
« Mais oui on se connaît bien
T’as même voulu t’faire ma mère, hein
T’as commencé par ses seins
Et puis du poumon à mon père, tu t’en souviens »

On chante la désillusion à grande gueule dans « Formidable » :
« Si maman est chiante c’est qu’elle a peur d’être mamie
Si papa trompe maman, c’est parce que maman vieillit »

Et on déplore l’absence de la figure paternelle dans « Papaoutai » :
« Des géniteurs ou des génies ?
Dites-nous qui donne naissance aux irresponsables »

Aux titres de « Racine Carrée », il ajoute deux de ses premiers succès, « Peace or violence » et l’incontournable « Alors on danse » qui l’avait propulsé sur la scène internationale en 2009.
Mais avec Stromae, quand on croit qu’il y en a plus… « eh ben y’en a encore » ! Après une interprétation très appréciée de « Merci », morceau instrumental placé en douzième position sur son dernier disque, et une ovation qui dure de nombreuses minutes, le jeune chanteur rwando-belge aux magnifiques yeux verts demande le silence à son public. Et accompagné de ses quatre musiciens, tous chanteurs pour l’occasion, il reprend a cappella et sans micro « Tous les mêmes ». Un véritable exploit qui laisse le public comblé et qui clôture en beauté le show mis en place pour la tournée « Racine Carrée ».

Je suis encore sous le charme. Certains continueront à suivre la star européenne dans les différentes villes des États-Unis où se poursuivra sa tournée. D’autres, comme moi, se contenteront de leurs souvenirs et des dizaines de vidéos et photos capturées avec leur Smartphone. Avec une telle dépense énergie, on ne s’étonne pas que le jeune Belge se soit aussi vite fatigué… Et à ceux qui ne l’ont pas encore vu performer, pressez-vous ! Cela vaut bien le détour, l’attente et l’enthousiasme. Mon Stromae, je l’ai eu, m pa konn pou nou…

Uncategorized

L’éternité peut être péniblement longue…

Je ne crois pas en l’amour éternel.
J’ai 25 ans et je n’ai pas une liste d’expériences amoureuses particulièrement longue à mon actif. Ce ne sont pas mes désillusions qui ont changé ma façon de voir le choses. J’ai d’ailleurs l’impression de n’avoir jamais cru en ces promesses d’amour éternel. Plutôt étrange venant de la part de la romantique invétérée que je suis…
Ahhh c’est que je suis romantique ! Je me souviens encore de ce garçon qui m’a dit quelques semaines plus tôt d’un ton empreint de pitié : “L’amour comme tu le veux n’existe que dans les contes de fées.” Il a sans doute raison car mes modèles, ils me viennent de Perraut, d’Anderse, de Grimm… Pourtant je n’ai jamais pu digérer le “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants” véhiculés dans mes chers contes. Déjà que les enfants et moi…. hmmm mieux vaut ne pas s’aventurer sur ce sujet !
Alors oui, je crois en l’amour ; l’amour fou ; le total abandon de soi ; ce constant désir d’être avec une personne en particulier. Autant de sentiments avec lesquels je cohabite depuis un certain temps déjà. J’aime. Immensément. Démesurément. Librement. Et même stupidement. Ahhh je pourrais vous parler de ça pendant des heures… Mais je suis aussi d’avis que les sentiments évoluent et pas toujours pour le meilleur… Ne me dis pas que tu m’aimeras toujours quand on sait tous deux qu’il y aura des moments où tu auras envie de m’étrangler ou de me gifler… Devrais-je les extraire du toujours ?
De plus sans vouloir limiter mes amours dans le temps, je ne veux pas non plus les contraindre à durer. Je ne veux pas de ces relations que l’on fait durer pour ne pas être mal vu en société, par exemple. Pourquoi me charger d’un fardeau aussi lourd ?
Bien sûr, j’ai moi aussi fait mille et une promesses au nom de l’amour. Mais des toujours et des jamais… bien peu pour moi ! J’en ai reçu de certaines personnes, par contre. Et la plupart de ces gens ne font justement plus partie de ma vie… (Coïncidence ? Je ne crois pas.) La seule personne à laquelle pour une raison ou pour une autre (ma grande jeunesse de l’époque, peut-être ?) je me suis amusée à faire des promesses d’éternité n’a désormais plus qu’un pied dans mon monde. Et c’est simplement parce que je m’y accroche de toutes mes forces. C’est ma parole contre ma fierté, hein ! Et pour le moment je semble vouloir être une femme de parole à tout prix. Mais pour combien de temps ?
Et non, je ne fais pas un plaidoyer en faveur d’une éventuelle frivolité/instabilité dont je souffre. Je veux que mes amours durent, au même titre que mes relations. Je veux bien partager mes peines, joies et accomplissements avec quelqu’un. Mais pas à cause d’un certain idéal fixé par d’autres. Je veux vivre mes amours sans contraintes, sans pressions, sans ses innombrables attentes qui au fil du temps se changent en fardeau.
Oui, je te veux et je te voudrai pendant tout le temps que je le pourrai. 1 mois ? 2 ans ? 10 ans ? Je ne peux rien te garantir. Mon toujours ne se calcule pas en année. Il se mesure à travers ces multiples moments d’éternité qu’on aura partagés.
Qu’importe 10 ans de vie commune ou de relation si je ne peux pas trouver assez de moments heureux pour meubler une nuit d’insomnie ?